À propos


Je suis né en 1987. Je m’intéresse à la déviance — en vrac Jack l’Éventreur, Sono Sion, Berlinde de Bruyckere. Je suis l’auteur chez Denoël de Pornarina : la-prostituée-à-tête-de-cheval — prix Sade du premier roman 2017. En dehors j’ai publié l’article “Pferderipper : le zoophile qui éventrait des chevaux” sur tryangle.fr, et des nouvelles chez GoreZine, Dreampress.com et La Musardine. Enfin mon univers culturel est Poe, Lautréa­mont, Freud, Lovecraft, Rachilde, Cronenberg, Quignard, Burton, Di Rollo, Vollmann, Sono, Cisco, ainsi qu’une foultitude d’artistes que je présente à l’occasion dans la Galerie d’art noir.

Raphaël Eymery






À ceux descendus ici, quelques bribes supplémentaires…


I.

Je n’ai jamais vraiment voyagé, ni vécu de grands traumatismes, ni tué quiconque, cependant je crois que chacun, du simple fait d’être sorti du ventre d’une femme, de croire ou non en un dieu quelconque, de nourrir fantasmes, névroses, peurs, etc., que chacun, indépendamment d’être heureux ou non, connaît l’horreur, le grotesque, la vanité de l’existence humaine — mes textes ne se nourrissent pas d’autre chose que de cette expérience.


II.

J’entretiens pour le morbide une fascination. Sans raison avouée je recherche corps, crimes, mélancolie. Sans cesse à travers tous les arts j’explore des ténèbres. Les Chants de Maldoror est le livre le plus ténébrant que j’ai pu lire. VideodromeLa Mouche et Le Festin nu sont des films où j’aime me retrouver. Les sculptures de Berlinde de Bruyckere — cadavres équins et chairs humaines — me fascinent depuis que je les ai contemplées dans une église à Avignon. Lolita a été une révélation, Nabokov nous y trompe si bien qu’on en viendrait à plaindre Humbert Humbert. Avec Le Mystère de Marie Roget, Poe montre que la fiction ne vaut que si elle est imprégnée de réel, que le réel ne vaut que s’il est imprégné de fiction. À rebours de Huymans est le plus précieux des traités esthétiques, La Famille Addams de Sonnenfeld et Only Lovers Left Alive de Jarmusch pourraient à leur manière en être deux autres.


III.
Listes

(1) Auteurs : Hugo, Poe, Baudelaire, Lautréamont, Huysmans, Doyle, Lovecraft, Rachilde, Nabokov, et encore Gabrielle Wittkop, Lucius Shepard, Tom Piccirilli, Alan Moore, Pascal Quignard, Thomas Ligotti, Thierry Di Rollo, William T. Vollmann, Jeff VanderMeer, Kelly Link, Michael Cisco.

(2) Films : Batman : Le Défi (Tim Burton, 1992), La Famille Addams (Barry Sonnenfeld, 1991), Only Lovers Left Alive (Jim Jarmusch, 2013), Sleepy Hollow (Tim Burton, 1999), Indiana Jones et la Dernière Croisade (Steven Spielberg, 1989), La Vie privée de Sherlock Holmes (Billy Wilder, 1970), Dracula (Francis Ford Coppola, 1992), La Mouche (David Cronenberg, 1986), Seven (David Fincher, 1995), Love Exposure (Sion Sono, 2008) — et aussi le cinéma de Guillermo Del Toro, Le Labyrinthe de Pan (2006) et Crimson Peak (2015).

(3) En vrac groupes, musiciens, compositeurs : Bach, Blood Axis, Bohren & der Club of Gore, Women of the SS, Ghosts Of Breslau, Death Aura, Ulver, Der Blaue Reiter, Worrytrain, Hans Zimmer, Marin Marais, Zbigniew Preisner, Arvo Pärt, Chelsea Wolfe, Antony and the Johnsons, etc.


IV.
Jack l’Éventreur et les nazies

Ils sont à l’art horrifique ce que les standards sont au jazz. (1) J’ai passé des nuits à parcourir Whitechapel, fasciné, fasciné de ne trouver aucune réponse et toujours plus de mystère. Le mystère est la seule réponse qu’apportera jamais Jack l’Éventreur. La moindre œuvre qui donne et un visage et un nom au tueur de Whitechapel se fourvoie. L’album 1888 d’Andrew King & Les Sentiers Conflictuels figure sans doute l’ultime œuvre ripperologique. (2) Je me suis rendu à Auschwitz et à Birkenau. Le temps a effacé toutes les horreurs. Le soleil brillait si fort. Un écureuil est passé entre des blocks où soixante-dix ans plus tôt des gens mourraient. Ce fut un voyage glaçant comme décevant. Il reste plus d’horreur dans les livres.


V.
Eymery

Eymery est un pseudonyme choisi en référence à Marguerite Eymery, dite Rachilde, auteure décadente née en 1860 et morte en 1953, malheureusement un peu oubliée, responsable de plusieurs chefs-d’œuvre de déviance tels que Monsieur Vénus ou La Tour d’amour.